Yes Man

Hier, j’ai mêlé le conceptuel au comique. Depuis le début du mois de février, la Cinémathèque organise une rétrospective Jim Carrey. Et figurez vous que grâce à eux j’ai vu hier l’un des meilleurs films avec cet acteur redoutable : Yes Man.

Oui, c’est un concept d’aller à la Cinémathèque, qui passait du Rohmer la semaine dernière, pour voir une comédie assez récente de Jim Carrey. Mais il faut dire que ce type a quand même marqué la comédie américaine des années 90. Et c’est toujours rigolo de pouvoir dire j’ai été hier à la Cinémathèque dans un dîner. Mais parlons un peu du film au lieu de digresser.

Synopsis

Yes Man, c’est l’histoire de Carl. Carl est un type ordinaire, avec un boulot ingrat dans une boîte de crédit. Il a une vie normale et donc ennuyeuse. D’autant plus qu’il est proche de la dépression depuis que sa compagne (interprétée par la belle Molly Sims) l’a largué. Alors, il dit non à tout. Il a peur de s’engager, de communiquer, d’exister.

C’est là qu’arrive l’idée géniale du film. Le groupe des Yes Man. Emmenés par un gourou mystique, ces Yes Man disent oui à tout. Et, après quelques réticences, Carl accepte. Il fait la promesse de dire oui aux opportunités qui se présenteront à lui. Le concept est simple, mais très efficace.

S’enchaînent alors les situations cocasses où dire oui l’amènera dans des galères sans noms et des réussites grandioses. Il rencontre la femme de sa vie (délicieuse Zooey Deschanel), gravit les échelons de son travail, se fait des tas de nouveaux amis. Il vit enfin. C’est frais, léger, drôle et étrangement très intelligent.

Regard

Oui, parce que deux points sont très joliment abordés au cours de cette joyeuse comédie.

En premier lieu, l’anarchisme. Imaginons que tout le monde en vienne à devenir un Yes Man, quelles seraient les nouvelles limites collectives ? Peut-on tous se permettre de dire oui en permanence, de briser les interdits et les carcans en permanence ? La société n’a-t’elle pas tendance à isoler ces têtes brûlées et à préférer un chemin normé auquel tout le monde adhère en silence ?

Puis le problème évident de l’inversion des valeurs. Corolaire au point précédent, mais qui touche principalement à la morale, l’inversion des valeurs semble une grille de lecture importante pour ce film. Évidement, les canons de la comédie américaine nous empêche d’aller bien loin, mais la morale de cette histoire n’est pas aussi évidente à mon sens. En disant oui à tout, Carl brise une ligne de morale sociale.

La morale traditionnelle est ici remplacée par un gourou qui donne des discours motivant sur la force du Oui, à l’opposé de la tradition religieuse chrétienne, largement fondée sur le refus et l’obéissance. Dire oui soumet notre héros à des situations totalement inacceptables du point de vue de la morale et de l’éthique. C’est pourtant au travers des ces actions qu’il s’affirme et prend conscience de sa place au sein de la société.

Heureusement, le Happy Ending nous enlève à ces soucis philosophiques pour nous rappeler qu’un bon Jim Carrey c’est avant tout du rire. Mais aussi…

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1 commentaire

Classé dans Cinema, Comédie Américaine

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