Cinéma : La Montagne Magique

Hans : Garçon mystérieux

Der Zauberberg, c’est avant tout un livre de Thomas Mann, que je n’ai pas lu. Honte à moi, il paraît que c’est l’un des plus grand chef d’oeuvre de la littérature du 20è siècle. Mais cela m’a tout de même intrigué de voir que la Cinémathèque (encore eux) passait une adaptation tournée en 1981 avec Marie-France Pisier (images), et une apparition de Charles Aznavour (quand même).

Synopsis

L’histoire se déroule dans l’Europe du début du 20e siècle. Tout y est calme, ordonné, posé. Le jeune Hans rend visite à son cousin dans un Sanatorium de Davos. Il ne doit normalement rester que quelques semaines. Mais le sanatorium se révèle être un lieu étrange. Endroit de la mort, mais aussi des rencontres les plus improbables avec des figures de la société contemporaine. Le film se focalise sur la galerie de portrait que ces personnages créent tout autour de Hans. Chacun représente un petit bout de la société européenne et des ses dérives à venir. C’est là qu’il convient normalement de préciser que le livre est publié en 1924.

Bonne ambiance au repas

Le rapport à la maladie, et au travers d’elle la mort, est l’un des points primordiaux du film. Le sanatorium est dédié aux gens malades. Mais son caractère sacré et coupé du monde en font le lieu d’une rêvée et totalement fantasmée. Au point que certains des malades refusent de descendre à la fin de leurs soins. Et cherchent même parfois, par tous les moyens à y rester. Alors que la seule issue possible pour ceux qui restent est la mort. Souvent violente et brutale, avec l’hémorragie qui suit la quinte un peu trop appuyée. Dans ce nouveau cocon, Hans décide de rester. Lui aussi veut être malade, lui aussi veut comprendre, lui aussi veut approcher la mort.

On appréciera bien évidemment l’ambigüité de la séquence.

Bien évidemment, une motivation de jeune homme est derrière cela également. Il est tombé fou amoureux de la princesse Chauchat, une Russe frivole en goguette d’un homme à l’autre. Longue et dissimulée passion qui traverse des éclairs de feu. C’est sûrement la relation la plus intéressante de tout le film. Les autres sont parfois trop ambigües, parfois trop lourdes de sens, trop appuyées. Mon camarade de séance me faisait la réflexion : « Ces Allemands, ils font des choses bien, mais ils ne savent pas écrire. » Il a sûrement raison.

Critique

Et autant dire que cela se ressent durant 2 heures et demi de film. L’image fait penser à l’adaptation des contes pour enfants. Des décors proches du carton pâte dans un cadre de montagne enneigée. C’est joli et propre, mais usant également à la longue. De plus en dehors de cette amourette, qui reste finalement un peu plate, les autres personnages sont très caricaturaux. Le médecin représente à la fois la lumière du savoir et l’ombre de la décision arbitraire. L’écrivain est le rival et l’ami. Le cousin représente la bravoure et la bêtise. Des oppositions bien trop marquées pour être finement abordées. Et alors que certains passages touchent l’émotion pure, comme la déclaration d’amour à Mme Chauchat, d’autres s’enfoncent lourdement dans une porte ouverte avec leurs gros sabots, comme les discours du médecin. Surtout, pour une telle longueur, le film manque de vrai rythme. Et les intrigues secondaires donnent vite l’impression d’assister à un collage mal ficelé.

Davos, une charmante ville de Suisse

Malgré le rôle rigolo de Charles Aznavour et la jolie Marie-France Pisier, je garde un souvenir mitigé. Je vais sûrement lire l’oeuvre dans la foulée, mais ce type de littérature n’est souvent pas ma tasse de thé.
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