A Single Man

Lorsqu’on dit Tom Ford, je pense mode et costumes pour hommes. Lorsqu’on dit Colin Firth, je pense comédie romantique. Lorsqu’on dit Nicholas Hoult, je pense Skins. En fait, ce billet parle de cinéma.

A Single Man raconte une lente histoire d’amour. Des décors parfaits, une ambiance étrangement calme. Et derrière la caméra, Tom Ford, qu’on connaissait nettement plus pour ses costumes Gucci que pour ses talents de cinéastes.

Le professeur Falconer mène une vie bien rangée dans le Los Angeles des années 60. Une maison digne du American Way of Life. Un boulot un poil ennuyeux. Mais tout a changé le jour où il a perdu Jim, son amant et compagnon depuis 16 ans. Que faire après la mort de l’être cher ? Sur qui compter ? Son amie Charley et le jeune Kenny lui feront ils renoncer à ses plans et embrasser à nouveau la vie ?

Des images à couper le souffle. Un grain travaillé, des images d’une précision totale. Un souci du détail et de l’éclairage. Tout dans l’image de ce film respire la perfection. Eduard Grau, le directeur de la photographie, est promis à un bel avenir.

Et ce monde parfait colle à merveille à l’ambiance froide que veut créer Tom Ford. Une société américaine déshumanisée et cloisonnée dans laquelle évolue un homme brisé qui a totalement perdu goût à la vie. Il faut souligner le jeu de Colin Firth. Tout en retenue (parfois un peu trop ?) qui souligne parfaitement ce personnage qui tente de jouer un rôle dans une société cadenassée. A côté de lui, on retrouve la sublime Julianne Moore, dont le rôle n’est pas si étayé qu’il le devrait. Ainsi que la star de Skins (saisons 1 & 2), Nicholas Hoult.

Venons en aux défauts de ce film, ils existent. Tout d’abord le scénario. Autant l’idée de ce personnage perdu est parfaite. Autant, j’ai eu l’impression d’une histoire finalement pas si réaliste et peut être trop encombrante pour un jeune réalisateur. Impossible par exemple de décrire correctement la vie homosexuelle bien rangée et les difficultés qui l’entourent. Impossible également de décrire au travers de Charley son rejet des conventions sociales. Cela peut paraître anecdotique, mais il me semble que plus de tension et de profondeur auraient clairement tiré le film vers le haut.

Et la profondeur parlons en. Les dialogues du film sont parfois indignes. Lorsque le professeur outré nous montre l’importance de la peur, on a tout simplement l’impression qu’il est devant une classe de troisième (c’est censé être  une université quand même). Même filmé avec sobriété et froideur les dialogues les plus creux ne deviennent pas plus intéressants. Si vous avez quelque chose à dire dites le, sinon abstenez vous. Les images et le jeu d’acteur étaient largement suffisants la plupart du temps et certains bavardages ont tendance à me hérisser le poil durant la séance.

D’où une appréciation en demi-teinte. Je me demande jusqu’à quel point Tom Ford pourra corriger ces défauts pour un prochain film. Son premier film est largement mieux réussi que beaucoup de premiers films. Mais ces petites erreurs en deviennent horripilantes. En espérant qu’il trouve toujours un directeur de la photographie à la hauteur et qu’il garde une maîtrise des costumes que tout le monde lui envie.

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