Ciné : The Ghost Writer

Polanski a défrayé la chronique à l’automne dernier. Passons. Il sort cette semaine l’un de ses meilleurs films, sur fond de thriller politique.

Entre mauvais pressentiment et envie de décrocher un gros contrat, un nègre accepte de rédiger les mémoires politiques d’un ancien premier ministre britannique. Des soupçons pèsent notamment sur la disparition d’un premier assistant, mort dans de mystérieuses conditions. Thriller, politique, secret, Polanski.

The Ghost Writer vous entraîne rapidement dans un monde paranoïaque. Le plus anodins des mouvements prend une ampleur démesurée, toujours teintée d’un mystère malsain. Sur fond de complot politiques et de collusions militaires, l’histoire nous plonge fondamentalement dans la tête de cet écrivain raté qui remonte petit à petit quelque chose qui le dépasse. Fantôme en quête de réussite, mais fantôme tout de même, dont on ne saura d’ailleurs jamais le nom.

Sans gâcher la surprise, j’avouerai que le scenario n’est pas terrible. On a l’impression de voir se dérouler un mauvais roman de gare. Des ficelles énormes, un dénouement que l’on sent venir une demi-heure avant la fin, des intrigues conspirationistes de bas-étage et d’ailleurs très sous exploitées.

Et malgré ce scénario bancal, Roman Polanski rappelle qu’il sait entre autres tenir une caméra. La mise en place de l’action est sublime. Des plans travaillés, des effets de suspense maîtrisé à la perfection. Une direction d’acteurs parfaite. Le monde froid et mécanique semble minutieusement construit. Le décor choisi renforce d’ailleurs cette impression de froideur et de paranoïa. Une île de la côte est (que je verrai bien là, mais ce n’est pas précisé), une villa tout en métal avec de grande baies vitrées. L’impression d’être toujours vu sans jamais voir. D’être cerné sans comprendre.

Ce Ghost (je trouve d’ailleurs le nom anglais bien meilleur) qui perd pied. Lentement. Tranquillement. Rejetant au départ tout intérêt, sauf l’argent, puis s’enfonçant dans un mystère qu’il ne comprend pas. Comme je l’ai dit, j’ai trouvé le dénouement peu intéressant,  mais la caméra filme ce personnage avec tellement de sincérité qu’on le croit jusqu’au bout. Finesse des plans, finesse des détails.

La belle Olivia Williams

Un petit mot sur les acteurs. Lorsque l’on s’appelle Polanski, on ne fait pas travailler des bras cassés. Au casting on retrouve donc Ewan McGregor (qui est décidemment partout en ce début d’année, notamment et ) qui propose une interprétation simple et efficace. Le plaisir de retrouver deux femmes âgées mais séduisantes. Olivia Williams – Adelle DeWitt dans Dollhouse – toujours aussi impressionnante en dominatrice sexy. Kim Cattrall également qui a délaissé sa tenue de Samantha pour venir faire secrétaire. Petite déception tout de même avec le jeu de Pierce Brosnan. Autant j’ai toujours trouvé qu’il faisait un James Bond plus que convaincant, autant depuis que je le vois jouer ailleurs, je suis toujours un peu déçu. Manque de conviction, manque d’expression, manque de sincérité. Mais le rôle qu’il a est assez faible pour ne pas gêner la dynamique du film.

Le film insinue une lente atmosphère de délabrement dans un monde qui semble parfait. Un coup de génie pour le réalisateur polonais, toujours en froid avec la justice américaine visiblement.

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