Shutter Island. Du grand Scorsese

Ambiance film noir, twist préparé, folie et imagination. Le dernier film de Martin Scorsese est un bijou visuel comme rarement il en avait écrit. Dommage qu’il soit sorti trop tard pour les oscars 2009.

Teddy Daniels et son partenaire Chuck sont deux marshals du FBI. Ils sont envoyés sur une l’île d’Ashecliff au large de Boston, qui héberge un hôpital psychiatrique pour criminels. Une des patientes a mystérieusement disparu. Leur enquête les emmène dans les tréfonds de cette étrange institution, entre paranoïa et rêve éveillé.

Martin Scorsese a fait un bon film et il le sait. Une musique de fanfare qui accompagne une scène de bateau bien travaillée. Nous aussi, spectateurs, savons que nous aurons droit à un grand film. Et rien ne vient changer cette impression au cours des 2h20 du film.

Les deux marshals à l'entrée de l'hôpital

A l'entrée de l'hôpital

Dans une angoisse permanente, nous nous laissons guider gentiment par nos deux marshals. De rêves tordus en complots toujours plus complexes, nous suivons les différentes lignes. Le twist pourra paraître un peu désuet, mais les nombreuses fausses pistes et l’atmosphère anxiogène distillée tout au long du film montrent sa longue préparation. Jouant avec nos rêves et nos réalités, Martin Scorsese nous emmène très loin.

Lumière. Sur quelle réalité ?

Des réflexions sur la réalité et ce que nous en percevons réellement. Mais aussi sur l’altération de cette réalité, par nos rêves, par des artifices, par la folie de chacun. Et une longue réflexion sur la culpabilité et le moyen pour chacun de l’exposer au grand jour.

Un mot tout de même sur les acteurs de ce film. Leonardo Di Caprio – qui en est tout de même à sa quatrième participation dans un film de Scorsese – montre encore une fois qu’il a l’étoffe d’un très bon acteur. Parfait dans le rôle torturé de marshal du FBI, il joue sans aucun tic, sans en rajouter. Magistral. Si le film avait pu sortir un poil plus tôt pour participer aux oscars, aucun doute que Leonardo aurait été dans la course. Dommage.

Les autres acteurs ne sont pas en reste. On notera tout de même la prestation importante de Ben Kingsley en psychiatre discret dont on sent en permanence qu’il a quelque chose à cacher. Aussi le rôle un peu moins important de Mark Ruffalo, qui joue parfaitement malgré une présence relativement faible.

Certains clichés sont de retour. Les scènes de rêves auraient sûrement gagné à être plus courtes et moins irréelles. Il n’empêche que Shutter Island réussit son pari. Pendant deux heures vingt vous êtes sur cette île étrange, vous posant les questions les plus folles, avec une constante sensation d’asphyxie et de mal-être. Merci monsieur Scorsese.

Lien vers le livre de Dennis Lehane

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