Alice au Pays des Merveilles

Vers le gouffre

Disney décide de reprendre une de ses plus belles histoires et ne lésine pas sur les moyens. Tournage en 3D, Tim Burton à la réalisation, Johnny Depp et Helena Bonham Carter sont au casting. Mais le résultat est très mitigé, triste parfois, alors qu’Alice restera toujours dans nos cœurs.

Alice au pays des merveilles est une histoire qui a depuis longtemps dépassé son auteur. Lewis Carroll a réussit à concentrer dans ce symbole du roman pour enfants de l’époque victorienne, une vision de la logique et du passage à l’âge adulte qui hante encore les mémoires. Le pays des merveilles, avec sa magie et son absurdité, possède un rôle d’apprentissage tout à fait passionnant.

En reprenant cette histoire déjà adaptée dans les années 50, Disney fait un double pari. Elle s’engage pleinement sur la voie de la 3D et revient à des histoires plus adultes, qui ne sont plus seulement destinées au très jeune public. Alice au pays des merveilles n’a jamais été une vraie histoire pour enfants. Le pari n’est qu’à moitié réussi et Tim Burton semble s’être bien trop compromis dans cette affaire.

Un univers graphique époustouflant

Vous aurez compris que cette nouvelle vision burtonienne d’Alice ne m’a pas totalement enchanté. Mais rendons cependant hommage aux réussites de ce film. Et s’il est quelque chose de réussi dans cette œuvre c’est bien son univers graphique.

Le monde réel est victorien, symétrique, juste assez coloré, un modèle de perfection anglaise. Le pays des merveilles est un fabuleux mélange de rêve, de couleur et de désolation. On retrouve là une vision propre à Tim Burton qui dans l’imaginaire de l’enfance réintroduit les pensées les plus sombres. Les forêts chatoyantes et les maisons aux architectures absurdes ont subi la folie des hommes. Les plaines s’étendent désolées au second plan. Ce qui semblait être une aire de jeu et de badinages s’est transformé en ruines et misères.

Contrairement à mon attente personnelle, l’effet 3D n’est que peu mis en valeur. Certes les champs ont plus de profondeur et on est toujours surpris lorsque l’on vous envoie des objets en pleine figure. Mais le sentiment d’immersion est peu présent. A vrai dire, cela confirme simplement que la 3D n’est pas une révolution à part entière dans le monde du cinéma. Elle sera utilisée et utile dans grand nombre de divertissements, mais elle n’annule pas le cinéma tel qu’on le connaît.

Mia Wasikowska

L’actrice qui joue Alice, Mia Wasikowska, est tout simplement magique. Somptueuse jeune fille, elle joue avec malice et candeur cette Alice perdue qui revient dans le pays des merveilles. Difficultés des règles de la société, difficultés des choix personnels, elle est désemparée.

Elle retrouve étrangement dans le pays des merveilles la force d’affronter les difficultés en les transcendant par l’imaginaire. Et ainsi de retrouver dans son nouveau cœur d’adulte la force d’affronter la société avec des réflexions d’enfant. Le triomphe de l’âge de l’enfance restera une image essentielle de la métaphore alicienne.

Un scénario mal ficelé

Il fallait en venir au point qui grince, à ce qui empêche, dans ce superbe monde des merveilles, l’apparition d’un film merveilleux.

Le scénario s’appuie en grande partie sur De l’autre côté du miroir. Un roman un peu moins fou que le premier, où la rigueur revient. Et force est de constater que la rigueur est présente. Tous les retournements sont plats et téléphonés. Rien de réellement surprenant, aucune noirceur dans les choix des personnages. Le sentiment d’une fade bouillie familiale est présent à chaque instant.

Johnny Depp joue toujours aussi bien, mais le chapelier fou 2010 est étrangement inintéressant. Bien évidemment, il a vécu l’horreur et ressent la peur, mais pourquoi être aussi neuneu et plat. Et qu’est-ce que c’est que cette scène de danse ridicule à la fin du film. Pourquoi pas non plus une danse de Bollywood et un Happily Married. On est dans Alice au Pays des Merveilles. Que Diable !

Et Anne Hathaway nous prouve une fois de plus qu’elle n’est pas digne de jouer autre chose que la cruche des comédies romantiques pour adolescentes angoissée. Son personnage de reine blanche est complexe et nécessite quelque chose de plus, un grain de folie qu’elle n’a décidemment pas. Ce n’est pas en remuant vaguement les épaules comme une danseuse qu’elle inspire quoi que ce soit.

Quand je parlais des retournements, je parlais de tous les retournements. Tout est fait pour que toute la famille n’ait plus jamais peur ensemble en regardant Alice. Mais on sent que cela ne colle pas. Et pourquoi engager Tim Burton dans ce cas ? Et c’est dommage car à cause de cela tout est décevant. Le film ne devient plus qu’une succession de jolies images, parfois en 3D, avec la belle Mia qui défile devant nous. Rien de plus. Bien dommage.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Cinema

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s